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Un journal au quotidien dans la classe.

L’écho du jour

vendredi 11 février 2005, par Denis Demarcy

Le journal de notre classe est un outil central, un outil interne tourné vers l’extérieur mais un moteur essentiel pour donner du sens à tous les apprentissages. Le journal est inclus dans toutes les activités sans que l’on s’en aperçoive , c’est le miroir de notre travail mais la vraie partie de l’activité journal, la partie de l’iceberg immergé, c’est sa fabrication , c’est là que l’on trouve le vrai travail pédagogique. Le produit « journal » n’est qu’un aboutissement mais pour le réaliser il a fallu en mettre en œuvre des connexions !

SE CONNECTER SUR L’ACTUALITE

Chaque quinzaine les enfants doivent rédiger à partir de documentation un article d’actualité. Les sources sont diverses, nous sommes abonnés à différents journaux pour enfants (clés de l’actualité Junior, le journal des enfants, Mon quotidien. Nous recevons aussi les BT et BTJ. On peut aussi consulter internet sur des sites liés à l’information. Les enfants rédigent leur article, doivent les résumer, y mettre leurs sources, chercher les définitions des mots difficiles, repérer les lieux dans l’atlas et formuler un avis. Ils peuvent aussi apporter des informations supplémentaires.

Au départ les enfants recopient des extraits d’articles mais le but étant de présenter leur article aux copains, ils s’aperçoivent très vite que l’article doit avoir une certaine cohérence. Il y a donc une évolution vers un résumé plus construit puis avec de la pratique les enfants vont s’approprier l’article par la lecture pour ensuite produire un écrit avec du sens pour retransmettre l’information. Il n’y a volontairement pas d’aide du maître pendant la phase de lecture-écriture. Le maître intervient après le premier jet pour un toilettage orthographique du texte et au niveau de la syntaxe.

SE CONNECTER AU GROUPE

L’élève (ou les élèves si le travail est fait à 2 ou 3) va présenter son article à la classe et c’est là qu’il va avoir un retour de son travail. La classe va lui signifier si le message est clair, cohérent et complet.

L’élève lit son texte au groupe.

Puis il explique son information oralement. (Il doit maîtriser son sujet).

Puis il explique les difficultés de vocabulaire et montre sur une carte les lieux cités ou fait faire une recherche à l’atlas. Les élèves vont poser des questions précises sur le texte. Puis on entre dans une phase de débat sur le sujet évoqué (la cigarette, les tremblements de terre…) Les débats peuvent être historiques (les dragons ont-ils existé, étaient-ce des dinosaures ?), géographiques et scientifiques (qu’est-ce qu’un Tsunami ?), scientifiques ( pourquoi certains animaux sont-ils en voie de disparition ?), philosophique (l’Homme a-t-il le droit d’enfermer des animaux dans un zoo ?), sur la vie quotidienne (les percings, les fringues, les tatouages ).

Puis des enfants volontaires vont défendre un article de leur choix. Ils vont expliquer pourquoi ils aiment cet article, pourquoi ils le trouvent intéressant. C’est une façon de faire résumer le débat et de préparer le vote. Les défenseurs doivent préparer leurs arguments, les justifier.

On entre ensuite dans une phase de vote où chacun va voter pour son article préféré. On apprend à voter , c’est-à-dire à prendre des risques, à aller jusqu’au bout de ses choix même si on est seul contre tous.

Après les articles d’actualité on présente les réalisations, les objets rapportés qui ont rapport avec la vie de classe, les textes inventés (histoires, poésies…).

LA FABRICATION DU JOURNAL

Une animatrice communale est mise à disposition quelques heures par jour et c’est elle qui tape les textes (Un travail trop long pour les enfants. Ils utilisent la PAO pour mettre au propre leurs dossiers, leurs recherches qui comprennent des textes courts).
Elle tape ces textes sous Traitement de texte.
C’est alors qu’entrent en action les deux rédacteurs en chef du journal (ils changent à chaque journal).

Quel est leur travail

Leur travail consiste à mettre en page le journal et donc à utiliser plusieurs logiciels en même temps (PAO, PHOTOS…), à aller rechercher les textes dans un fichier Word, à aller chercher des documents sur internet, à prendre des photos avec l’appareil numérique et les traiter Ils peuvent se faire aider par des camarades expérimentés.(appelés dans la classe des « Spécialistes »). Chaque paire passe plusieurs fois dans l’année et quand ils sont autonomes ils deviennent « spécialistes » et obtiennent leur B2I car ils en ont forcément toutes les compétences.

LA PART DU MAITRE

Je pourrais la résumer en disant « Je suis là tout simplement » mais on va me dire que je ne me foule pas.

Oui, je suis là. La pédagogie Freinet n’est pas la pédagogie des grandes usines à gaz. C’est une pédagogie de la simplicité. Les choses simples (et pensées) fonctionnent très bien. Il faut être parmi les élèves quand ils écrivent leurs textes, les regarder travailler, les épauler Tu cherches un autre mot ? Regarde dans le dictionnaire des synonymes ! Tu ne t’en sors pas ? Relis ton texte, prends un surligneur, souligne l’essentiel !) , les encourager , être un premier lecteur constructif (Je ne comprends pas bien la fin de ton article, fais-le relire à un camarade et demande-lui ce qu’il en pense …) Je me considère comme un centre de ressources, une aide technique possible. Je n’interviens jamais sur le choix des sujets proposés .Il faut défendre dès le plus jeune âge la liberté de la presse. Par contre j’apprends aux élèves la déontologie du journaliste : raconter des faits vérifiés et ne jamais attaquer les personnes. S’attacher à expliquer des fonctionnements et donner son avis sur ces fonctionnements, faire des propositions, c’est une partie qui est traitée dans la partie « débats ».Au fil du temps, les élèves l’intègre dans leurs textes et réalisent des productions de plus en plus petsonnelles. Je prends souvent des notes pendant ces débats et certaines années j’arrivais à les transcrire dans le journal en marge des articles des enfants .Hélas, cette année je ne trouve pas le temps. 24 élèves en pédagogie Freinet c’est lourd mais je me dis chaque jour que j’ai beaucoup de chance d’être là.

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