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Conseil d’enfants dans l’école, quels pré-requis ?

citoyenneté au niveau d’une école, quels pré-requis ?

vendredi 7 octobre 2005, par Patrick Carpentier

Un vendredi 30 octobre, en relevant mon courriel, je suis tombé sur ce message transféré par Bernard Monthubert :

Bonjour

Je suis institutrice dans le Val-de-Marne et je voudrais mettre en place un conseil d’enfants dans mon école. Pourriez-vous me donner des conseils ?

Amicalement

Pascale D.

Voici les réflexions qu’il m’a inspiré :

Dans mon école, j’ai mis en place un conseil d’enfants depuis 3 ans. Nous sommes une école de cycle 2 et je suis le seul à bosser en pédagogie Freinet. Cela correspondait à ce que je pratiquais dans ma classe depuis un certain nombre d’années. J’ai profité de mon arrivée dans un nouveau poste, avec l’arrivée conjointe d’une nouvelle directrice pour tenter de mettre en place un conseil d’enfants. J’ai eu la chance que cette nouvelle directrice soit dynamique, et relativement ouverte bien que ne travaillant pas en PF, ce qui m’a permis d’avoir un peu plus de poids pour la mise en place de cette institution.

La première année, nous avons fonctionné durant le temps de récréation du samedi matin, ce qui était vraiment trop court et j’ai obtenu de mes collègues que le conseil se fasse le samedi matin après la récréation. Il était hebdomadaire. Au cours des 2 années suivantes, nous avons continué sur la même lancée.

Au cours de ces conseils ont été élaborés les lois de l’école, des projets tels l’achat et la construction d’une bande d’escalade, l’aménagement d’un terrain de basket etc...

Les conditions qui me paraissent essentielles pour pouvoir mettre en place un conseil d’école sont :

* Le pratiquer déjà dans sa classe, ça aide vraiment.

* L’adhésion VRAIE des collègues. S’ils ne sont que passifs (parce que ça me fait plaisir ou que ça fait plaisir à la direction, parce qu’ils sont bien gentils etc...) ça risque de marcher plutôt caha que cahin. D’où un gros travail d’explication auprès d’eux (les enfants comprennent vite eux !).

* Que dans les classes il existe des conseils de coopérative, relais du conseil d’enfants. Or si les maîtres ne travaillent pas en pédagogie coopérative, ils détournent très vite l’institution à leur profit et les enfants s’en rendent très bien compte, ce qui ne va pas dans le sens de ce que nous essayons de bâtir avec eux.

* Cela met mal à l’aise les collègues qui voient leur AUTORITE remise en cause.Tu te rends compte !

* L’adhésion des enfants, elle, vient naturellement s’ils voient qu’on joue le jeu. Ils sont très vite moteurs.

* J’hésite encore sur le fait que le conseil que nous avons mis en place ne réunit que des délégués de chaque classe. Il me semble qu’il serait mieux qu’il réunisse tous les enfants, mais je n’en ai jamais fait l’expérience (là il faut que toute l’équipe ait vraiment le même projet éducatif et aille dans le même sens !).

* J’ai mis en place un conseil avec des fréquences différentes. Un par semaine convenait bien. Actuellement, nous fonctionnons avec un conseil toutes les 4 à 5 semaines, ça me paraît très insuffisant. En tout état de cause, il faut qu’il soit régulier à mon avis au moins toutes les 2 semaines.

* Penser au compte-rendu à distribuer à chaque classe.

* Dans le conseil de mon école, le président est un enfant, il lui faut une aide du maître dans les premiers temps, penser aux mots clés du conseil.

*Je sers de secrétaire (c’est difficile pour les cycle 2). La présidence est tournante.

* Je n’ai pas résolu le fait que ,comme on a peu de délégués (2 par classe), tous les enfants n’assistent pas au conseil, c’est pour ça que je pense aux AG de temps en temps au moins. Mais alors bonjour la gestion de 140 enfants, la présidence par un enfant de cycle 2 ça serait vraiment dur. Et là si tu n’as pas un vrai appui de tes collègues, je ne sais pas comment ça marcherait.