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Chantier Écrilire ICEM

lundi 14 février 2005, par Patrick Carpentier

Les points à l’ordre du jour

1.Nos pratiques, nos réflexions, nos questions en écrilire.

2.La question du temps

3.La place de la production d’écrit en méthode naturelle.

4.Le travail du groupe formé aux JE « Ecrire sur nos pratiques » Chacune devait chaque mois un écrit sur les observations (expérience menée par 5 enseignantes depuis les JE de Nancy).

5.Ce dont les enfants se servent ou pas pour écrire ?

6.La motivation et le désir d’écrire chez l’enfant pour écrire, les déclencheurs...

7.L’organisation de la classe permettant et stimulant le désir

8.Nos outils

9.Le lire

La question du temps

Nous décidons d’entamer les échanges sous l’angle des emplois du temps et des plannings et voir combien de temps nous consacrons à l’écrilire, à quels moments, sous quelles formes les enfants sont dans cette activité.

Nous constatons que les élèves manifestent peu d’intérêt pour les divers emplois du temps. Ils sont plus des garde-fous pour le maître et n’ont de sens que quand ils sont construits avec les élèves.
Il y a des choses que les enfants n’oublient pas : conseil, piscine...
Nous écrivons souvent le planning de la journée.

Troc de trucs1 : Le calendrier du mois est donné aux enfants : ils barrent chaque matin le jour. Il y a les logos sur les activités phares du mois ou bien ils dessinent le soir une activité de la journée.
Quand commence-t-on à faire écrire les enfants ?

Les pratiques varient :

Dès le 1er jour pour certaines avec utilisation de la dictée à l’adulte.
Pour d’autres : deux textes collectifs par semaine, systématiquement et attente pour les textes individuels.

Selon les enfants, la dictée à l’adulte va durer plus ou moins longtemps, puis les textes à trous vont apparaître.
Textes individuels à trous laissés par l’enseignant et puis laissés par l’enfant.

Pour ceux qui restent très en difficulté, on en reste à la dictée à l’adulte, sauf pour les mots qui sont dans les textes collectifs.
Dans plusieurs de nos classes, les enfants écrivent quand ils arrivent en classe après un moment d’accueil et d’installation.
Troc de trucs : Pour les trous, les enfants sont renvoyés à un de leurs textes personnels déjà écrit.

Sinon, renvoi aux textes de la classe ou au cahier d’un autre élève.
Troc de trucs : Les parents peuvent rester à l’école jusqu’à 9 h pour faire lire les enfants individuellement.

Troc de trucs : Ecrilire du matin en tutorat avec un élève du cycle 3. Puis, le texte est saisi chaque jour par l’enseignante.

Troc de trucs : A la rentrée : bain de lecture-écriture + atelier graphisme (cf. vieux fichier Nathan rose ou bleu). Dessins stylo noir et graphisme.

Faut-il ou pas recopier les textes et les illustrer

Nos avis diffèrent, cela dépend des enfants, de ce que la classe fait des productions (gerbe de textes.. ), des ordinateurs, des compétences graphiques des enfants et du désir.

Certains enfants investissent beaucoup les dessins, (danger des textes qui ne sont qu’un commentaire du dessin).
S’il est utile au début de l’année comme déclencheur, il devient inutile pour des enfants qui ont envie d’écrire et de faire d’autres choses en classe et du coup, passent peu de temps sur des réalisations de dessins. D’autres au contraire commencent longtemps par un dessin et peuvent peu à peu écrire un texte qui n’est pas un commentaire, le « C’est » du début de l’année mais un écrit en rapport avec le dessin (poésie, histoire...).

Le nom du cahier de production d’écrit
« Le livre des histoires de _______ ». « Le cahier d’écrivain ». » Mes textes »
Les textes sont lus par chacun en classe.

Troc de trucs : Les textes de lecture collective sont dans un porte-vue pour chacun et non collés dans un cahier.
Presque tout le monde a un cahier de sons et ou de remarques faîtes autour des découvertes de textes.
Les textes référents

Nos pratiques diffèrent :
Choix du texte collectif par les élèves : chaque texte est lu par l’enseignant ou l’enfant producteur et le dessin de l’élève sont posés dans la classe et les élèves votent en posant un jeton sur le texte préféré. Un débat sur le vote est à continuer....
C’est le sujet qui a plus le plus lors de l’entretien qui est retenu pour la construction d’un texte à partir des paroles de l’enfant et aménagé par la classe.
L’adulte peut lui aussi pour différentes raisons choisir le texte qui sera référent.

Des outils pour écrire

Nos répertoires de mots pour aider à l’écriture : l’échelle de mots de l’artichaut, les p’tits dicos d’Odilon, l’index d’Access ou celui de Ribambelle, Chouette j’écris. Des outils construits par l’enseignant.
Pour les outils qui aident à travailler les textes, voir le logiciel « Idéographix » de l’AFL.

Quels type d’écrits

Des textes associés aux dessins.

Les lettres : Les élèves font les lettres aux parents pour les sorties.

Les documentaires : Production de documentaires par des enfants. Affichage de ces travaux issus d’un événement rapporté par un enfant (photos ou dessins sur le sujet). Travail de la classe autour du sujet, puis on va chercher les documentaires des autres classes sur le sujet, puis on va chercher les écrits scientifiques.
La logique d’apprentissage est graduelle : culture de l’enfant, de la classe, de l’école, mondiale.

Et l’étude de sons : « questions qui pourrait diviser
Le lire ce fait à partir de la découverte des textes référents et se construit peu à peu en aller retour avec l’écriture de textes. L’entrée principale de la lecture étant l’appropriation du sens.
Mais certaines d’entre-nous pratiquent aussi l’étude de sons sans grande conviction, plus pour être en accord avec les autres classes de l’école et ou pour tranquilliser les parents et aussi pour avoir une entrée de plus pour quelques enfants. Certaines sont carrément contre.

Des questions  : Faut-il faire un travail formellement écrit sur les sons ou non ? Cela engendre-t-il des erreurs d’orthographe ? Quand vient ce travail ?

Une réponse : Ça dépend du contexte de l’école !

Troc de trucs : Travail à partir des commentaires des enfants après chaque texte collectif. La question pour engager les commentaires est la plus ouverte possible. S’il arrive des commentaires sur les sons, on s’en sert. Petit à petit les remarques s’affinent.

Troc de trucs : Une barquette à sons par élève en difficultés. Dans la barquette, il y a des étiquettes avec des « sons » ou des mots simples. Un tuteur fait lire les sons à l’élève à qui appartient la barquette. Le tuteur fait une barre quand le son est lu, derrière l’étiquette. Quand il y a 4 barres, on enlève l’étiquette et on en met une autre à la place.
Si on travaille sur les sons, on peut le faire à partir de ce que voient les enfants.

Le désir

Il existe une différence entre obliger et ouvrir les perspectives.
Faut-il attendre ou non ? Le minimum que se fixent certaines, c’est que l’enfant possède rapidement cet outil (la lecture et l’écriture) sans lequel on est handicapé. Donc, pour ça, certaines n’attendent pas.
Il est nécessaire de diversifier au maximum les sollicitations et les entrées car on ne sait pas ce qui va mobiliser, intéresser l’un ou l’autre des enfants.
Les projets d’écriture sont individuels ou collectifs, les deux entrées sont favorisées dans nos classes.
Quand est-ce qu’on « force » l’enfant à « faire » le travail proposé ?
Le moteur de l’apprentissage et du désir, c’est le moment où l’enfant va pouvoir « briller », être valorisé.

Problématique de la confiance : c’est une nécessité absolue pour apprendre. Plus on renvoie de choses positives, plus l’enfant a envie d’apprendre.

Une question  : Doit-on accepter qu’un élève n’écrive pas de la journée ? Oui si ce n’est pas parce qu’il a peur et qu’aucune aide est mise en place en classe pour éviter cette angoisse de la page blanche.
Troc de trucs : Il y a une boîte aux lettres dans chaque classe et entre toutes les classes de l’école. Les lettres sont mises dans une porte-vues. C’est un moteur d’écrilire.
Les textes écrits par les enfants doivent être lus : lecture des textes des enfants à la classe et dans les autres classes.
C’est un moteur au désir d’écrire pour être lu et pas une obligation, respect de l’enfant qui ne veut pas lire son texte.

Quels textes pour l’apprentissage de la lecture

La MNLE doit-elle se baser exclusivement sur les textes d’enfant et de la vie de classe, de la correspondance ou se servir aussi des albums ? Faut-il fournir de l’écrit conséquent à côté des textes des enfants ?
Nous utilisons aussi d’autres textes que ceux des enfants, recettes, albums problèmes, poésies, lettres, fiches techniques...
Une réflexion à mener en confrontant nos pratiques aux travaux des mouvements amis.

Perspectives

Publication d’un document mais pas avant un an de ce genre de pratique, de rencontres. Il faut que ce soit nouveau, que ça apporte quelque chose, en plus de ce qui existe déjà.
Nous devons faire un recensement des pratiques. C’est indispensable.
Nous engagerons le travail sous l’angle de l’écrilire dans une approche globale de la pédagogie Freinet.
Nous souhaitons écrire sur ce que sont les pratiques naturelles de lecture et écriture aujourd’hui dans nos classes.
Nous pouvons aussi voir aussi les approches de l’AFL et du GFEN.
Pour approfondir notre travail, nous pouvons voir aussi livret accompagnement des programmes « Lire au CP (1) » et « Lire au CP (2) ».
Nous essaierons de fournir des outils pour permettre à ceux qui veulent débuter autrement d’avoir des pistes.
Nous devons identifier ce qui est commun. Cela nous amène à traiter la question des invariants : quels sont nos invariants dans nos pratiques d’écrilire ? Que met-on sous MNLE (définition).

Quelques pistes de réflexion
Le contexte des élèves est fondamental. Le milieu et l’environnement guident nos priorités.
L’expression est première dans nos classes.

Le dessin et l’écriture sont deux moyens d’expression. En CP, l’écriture est un nouveau moyen d’expression qui vient en plus de celui offert à l’école maternelle, le dessin.

On doit se laisser la possibilité de délaisser des dispositifs à certains moments parce que les enfants ne se les approprient pas.
Le texte long ne peut être introduit que s’il a du sens pour la classe, que ça ne s’éloigne pas trop de la culture proximale de la classe et des enfants. Quand ça ne fait référence à rien, ça ne sert à rien d’introduire un texte long.

Si on balance tout ce qui nous gêne, il faut faire attention de ne pas lâcher en offrant la liberté sans les contraintes de la liberté, il faut savoir où on va. On sait où on va par rapport à un idéal, mais pas forcément par rapport aux techniques ou aux dispositifs. (cf. les difficultés récentes de Lilian, messages de la liste Freinet en novembre 2004).
Nous avons parlé de la problématique du maintien : logique de cycle ou non.
Une question : Faut-il ou non travailler sur les textes d’enfants et jusqu’à quel point ?

Une question : Doit-on conseiller « Ecrire pour lire » de Bordet et Daumas, chez Nathan pour ceux qui veulent débuter ? Ça sécurise au début mais laisse peu de place pour l’imprévu, contrairement à ce qui est annoncé

Les apports des mouvements amis :
Ceux qui ont vraiment cherché sur l’écrilire, c’est l’AFL. Mais ce qui nous différencie, c’est le point zéro. On peut aller voir chez eux pour l’outillage, l’étude des textes. Il faut aussi voir nos points de désaccord.
Dans la pédagogie Freinet, il y a une prise en compte de la parole de l’enfant comme parole de l’enfant non comme objet d’étude.
Dans nos pratiques, il y a une importance de l’expression et de la création.
Une question : Y a-t-il une dérive techniciste avec le travail de l’AFL ?
Une questions : L’AFL propose-t-elle une scolastique masquée ?
Nous devons voir du côté de l’AFL les textes de Foucambert, la théorie et non les outils.
Nos pistes de travail, nos décisions, la structuration de notre travail. L’avenir.
Quels sont nos outils, nos pratiques par rapport à l’écrilire ?
Quels sont les invariants de la MNLE ?
Sur les invariants, il ne faut pas réinventer l’eau chaude.
L’écrilire est en lien avec le reste de ce qui se passe dans nos classes.

Dans notre travail, nous reviendrons aux fondamentaux : coopération, expression-création, tâtonnement, travail, prise en compte du milieu.
Comment s’organise-t-on pour la suite de notre travail ? Où va-t-on et que prépare-t-on ?

Proposition pour le Congrès : on peut faire peut être quelque chose de très simple, des échanges autour de pratiques de classe.
Proposition : Un atelier ouvert , nous continuerons ce travail avec un atelier fermé lors des jE
Pour le congrès, il faut partir de quelque chose à voir ou à faire.
Film déclencheur de discussion ? Voir avec Rémi Brault.
Quel déclencheur ? Les observations de Françoise et Marie ? Sous la forme d’un diaporama ?
Nous préparerons cet atelier lors de notre prochaine rencontre au printemps. Chacune doit apporter des choses à montrer, à projeter ou à afficher.
Nous écrirons sur nos pratiques, on se les envoie, on en parle au printemps lors d’une rencontre. Ecrits sur nos classes : s’obliger à mettre en haut de la page la rubrique en lien avec les fondamentaux (coopération, expression-création, tâtonnement, travail, prise en compte du milieu).
Si on fait un compte-rendu de l’évolution de nos pratiques sur toute l’année, c’est un garde-fou pour ne pas se rigidifier, et ne pas perdre son propre fil rouge.

Nous ferons l’inventaire de nos outils.
Bérangère Labalette coordonne, voire harcèle...
Avant la prochaine rencontre, on s’envoie nos écrits et on en rediscute.
Une préoccupation à prendre en compte : Que se fait-il en ce moment à l’ICEM sur l’écrilire ?

Il est nécessaire de ne pas se laisser envahir par nos implicites personnels.

Prochaine rencontre : Samedi 28 et dimanche 29 mai. On travaille samedi toute la journée et pas trop tard le dimanche, pour avoir le temps de rentrer. On se voit de préférence au CSIP pour l’hébergement et les repas, avec travail dans l’école de Françoise.

Bilan

Des échanges réels et honnêtes sur nos pratiques et nous avons pu faire part de nos doutes.
Une rencontre riche et pleine d’avenir.

Des questions : Faut-il élargir ou non le groupe de travail ? Peut-on rebondir sur plus d’écrits que 9 ?

En tout cas, on envoie pour information à tout le monde l’état des lieux de notre travail.